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Monde ouvert, vampires, armes en pagaille, le tout développé par l’un des studios les plus respectés de l’histoire du jeu vidéo, Redfall avait sur le papier tout pour plaire. Cette nouvelle création des studios d’Arkane Austin est disponible depuis quelques heures pour le public, alors que les critiques publient leurs premières revues. Et les avis sont unanimes : Redfall est une catastrophe, une glissade dans la chorégraphie habituellement parfaite d’Arkane, une erreur de bout en bout. A vrai dire, on aurait pu s’en douter, de nombreux voyants indiquaient rouge à l’approche de la sortie de ce jeu en coopération, le dernier en date étant la proximité totale entre la fin de l’embargo pour les publication de critiques et la sortie officielle du jeu, toujours mauvais signe dans l’industrie vidéoludique. Notre rédaction a eu la chance de pouvoir également tester Redfall en détail, et vous donne son avis sur cette évidente mésaventure.

Chaque jeu connaît des conditions de production différentes de ses pairs, mais il sera difficile d’être clément avec Redfall. Premièrement car il est édité par Bethesda et produit par Arkane Studios, impossible donc d’invoquer de modestes moyens de production. Et deuxièmement car sa date de sortie a été repoussée à 3 reprises, laissant tout à fait le temps à Arkane Austin de proposer un produit fini.

Red-Fade

Commençons par nos premières impressions manette en main. Visuellement, Redfall n’a vraiment rien d’exceptionnel. Le jeu nous place sur une île du Massachussetts, prise d’assaut par des vampires qui constituent la seule once d’étrangeté dans des décors des plus banals. Imaginez la première carte de Fortnite et vous y êtes. Imaginez les mêmes cieux vides, bâtiments vides (mais ici indestructibles) et rues vides. Là où Arkane nous avait habitué à des dioramas d’une profondeur exceptionnelle dans Deathloop et Dishonored, Redfall est aussi plat que le Nord-Pas-de-Calais. Au cours de votre exploration, vous ne tomberez pas sur des situations loufoques, dramatiques ou grotesques vous apprenant de nombreuses choses sur le monde qui vous entoure, comme dans les précédents titres du studios. Au lieu de cela, vous trouverez des groupes d’IAs malvoyantes et des bâtiments dans lequel on peut en tout et pour tout actionner un lavabo ou une douche.

A noter que les performances de la version presse sur PC étaient catastrophiques, entraînant de nombreuses chutes de frames en dessous des 40 images par seconde par moment, sans compter certains bugs vous empêchant de viser, de tirer, ou même d’interagir avec l’environnement.

Ensuite, les animations de votre personnage sont inexistantes. Votre course tactique revient à littéralement flotter dans l’air, vous soigner revient à vous accroupir, et prendre des dégâts se traduit par un flash rouge et une diminution de votre barre de vie. Seul point positif, vous pouvez achever un vampire d’un pieu en plein cœur, rare moment d’action dans des combats où vos armes tirent du vent, des pixels bleus ou des projectiles invisibles. Car le gunplay de Redfall est lui aussi une catastrophe. Rien n’a vraiment d’impact dans ses phases de combat ; ni vos compétences qui sont dans l’ensemble décevantes, ni vos tirs qui n’ont aucun impact, ni ceux de vos adversaires incapables de viser droit ou de vous détecter à cinq mètres. Les vampires, la VRAIE menace de Redfall, se contentent de flotter en l’air vers vous et votre vie descend lorsqu’ils agitent les bras, littéralement. Côté progression, augmenter de niveau ne fera que rendre vos armes précédentes inutiles, et vous faire investir des points dans un arbre de compétence franchement décevant. En bref, côté gameplay rien ne différencie Redfall d’un énième free-to-play trouvé sur Epic Games. Sauf que Redfall, c’est 80 €. Ouch.

Un scénario ? Quel scénario ?

Deuxièmement, il est très difficile de saisir le ton du jeu. L’introduction à la situation affreuse qui terrorise les habitants de cette petite île du Massachussetts se fait de façon très succincte ; par l’intermédiaire de diaporamas cinématiques, de dialogues mi-dramatiques, mi-humoristiques et de flashbacks sensés nous en apprendre un peu plus sur nos chers personnages. Il est vrai qu’il est nécessaire de conserver un peu de mystère, pour que le joueur puisse, par son exploration, en découvrir un peu plus sur le pourquoi du comment de cette invasion sanglante, mais Arkane nous avait quand même habitué à mieux sur le plan du scénario, qu’il s’agisse des intrigues politiques de Dishonored ou la narration complexe de Deathloop . Dans Redfall, vous voici à faire des allers-retours pour aller dénicher quelques informations dans une ville désertée par ses habitants, avec des vampires dedans, point final. Et pire encore, ces informations sont pour la majorité présentées sous forme de journaux à collecter et à lire, ou de dialogues radio en plein milieu de l’action, un cocktail parfait pour une confusion totale.

En parlant de vos personnages, difficile de ne pas reculer devant leur enthousiasme déplacé, leurs blagues dénuées de tact, et leurs lignes de dialogues scriptées qui se répètent toutes les 45 secondes. Car oui, en l’absence de narration incluant vos quatre personnages (votre héros semble seul dans son aventure si l’on en croit les rares cinématiques) la seule interaction que vous verrez entre nos quatre protagonistes se trouve dans leurs dialogues. Sauf que des lignes de dialogue, il y en a probablement deux en tout dans le jeu puisque l’on entend les mêmes babillements incessants se répéter toutes les 25 secondes. Et ça, c’est uniquement quand on peut comprendre de quoi il s’agit, puisque le plus souvent vos personnages parlent tous en même temps. Un régal pour vos oreilles.

Conclusion

Difficile d’aller plus loin dans cette critique de Redfall. Le jeu est très clairement un échec, une sortie dépassée sur le plan technique, au scénario et aux environnements génériques, et totalement amorphe dans son gameplay. Rien n’est fait pour vous immerger dans le jeu. Le sentiment de danger est absent, les IAs sont gravement handicapées, votre personnage flotte dans les airs, les armes tirent du vent, les décors sont génériques, indestructibles et non-interactifs. Pendant ce temps là, vos personnages répètent tous en coeur les mêmes phrases gênantes toutes les 20 secondes pendant qu’un PNJ lambda vous donne des objectifs par radio. Redfall réussi donc l’incroyable performance d’être trop plat pour susciter le moindre intérêt, et trop chaotique pour éviter les maux de tête.

On se demande vraiment ce qu’Arkane a cherché à faire avec cette dernière sortie. Il est difficile de placer cette triste chute dans le pedigree parfait d’un studio que l’on apprécie tant. Arkane Studio, réputé pour ses jeux niches, vivants, originaux, s’est fendu d’un titre fade, générique et vide, se privant ainsi de son public, si fidèle par le passé, et maintenant fiché dans une incompréhension totale. Pour ce qui est de notre avis sur Redfall ; il sera simple et bref : si vous avez plus de douze ans, passez votre chemin.

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