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Le rogue-lite est l’un des genres du moment (et le rogue-like, par la même occasion). Depuis The Binding of Isaac, le nombre de jeux qui emprunte ces codes n’ont cessé de se multiplier dans lequel nous pouvons citer les excellents Spelunky, Nuclear Throne, ou Enter the Gungeon. Le genre a vraiment pris ses lettres de noblesse avec l’incroyable Hades, et puis, d’une autre manière, a prouvé avec Cult of the Lamb qu’il pouvait se combiner avec toutes sortes de genre, même le jeu de gestion.

C’est donc avec un grand enthousiasme que nous avons accueilli Have a Nice Death, le rogue-lite français créé par Magic Design Studios, des anciens vétérans d’Ubisoft. Leur premier jeu, Unruly Heroes, avait reçu des critiques mitigées. L’aventure nous place dans la peau de la Mort, et est disponible au prix de vingt-cinq euros depuis le 22 mars 2023 sur toutes les consoles. Il est édité par Gearbox Publishing, l’énorme studio américain derrière les publications de Blanc, Subnautica ou même de Fortnite !

Est-ce que Have a Nice Death répond à toutes les attentes que nous plaçons en lui ? C’est ce que nous allons découvrir !

This is the end, my only friend, the end…

Have a Nice Death est un rogue-lite d’action en 2D qui nous place dans la peau de la Grande Faucheuse, patron de Death Inc. Depuis quelques temps déjà, notre personnage est en proie au burn-out : tous les employés travaillent en dilettante et le service de l’au-delà est saturé par les demandes. C’est donc à nous de remettre un peu d’ordre dans l’entreprise pour que celle-ci puisse enfin refonctionner correctement.

Si nous citions Hades dans l’introduction, ce n’est pas pour rien, à vrai dire, Have a Nice Death emprunte allégrement les ingrédients qui ont fait le succès de ce jeu tout en se démarquant intelligemment de son illustre prédécesseur. Nous évoluons donc dans un rogue-lite d’action en 2D où chaque mort nous fait reprendre depuis le point de départ.

Notre personnage se déplace dans des étages qui grouillent de monstres qui n’attendent que d’être éliminés. Notre arme principale, la faux, s’utilise avec le bouton « Y ». Celle-ci possède plusieurs attaques et combos différents en fonction d’où nous dirigeons notre joystick. En plus de la faux, nous récupérerons au fil de notre partie au maximum deux armes ou sorts à utiliser contre nos ennemis.

Les armes sont variées et possèdent leurs propres mécaniques. L’arc est pratique pour les attaques à distance mais peut manquer de dégâts, alors que les poings permettent de puissants coups qui manquent de vitesse. Préférez-vous privilégier la mobilité ou la force ?

Vous aurez le même questionnement avec l’importante quantité de sorts qui s’offre à vous. Alors que les armes se rechargent assez rapidement, l’utilisation des sorts nécessitera du mana. Vous vous demandez alors s’il faut varier les sorts rapides qui peuvent par exemple brûler l’adversaire ou alors s’il faut plutôt se concentrer sur des sorts violents comme la chute de rochers qui boostera votre défense.

Le rogue-lite de ce début d’année

Vous pourrez aussi utiliser vos deux emplacements pour n’y mettre que des sorts ou des armes. Dans Have a Nice Death, c’est à vous de choisir avec parcimonie votre build qui vous amènera à la victoire. Vous pourrez améliorer vos armes au local technique en échange de Soulary ou de Prismium, des monnaies que vous récupérerez soit en tuant des adversaires, soit en les récupérant à la fin d’un étage.

Nous débloquons des armes et des sorts au fil des parties et le jeu est si complet que nous n’en voyons pas le bout du tunnel, même après plus d’une dizaine d’heures (il y a une trentaine de types d’armes). De plus, cet arsenal est intelligemment varié et nous permet de rester enthousiastes et curieux à chaque nouvelle arme que nous découvrons.

Chaque arme et sort ont des couleurs différentes qui représentent leur rareté et donc leur force. Il y a fort à parier que vous sauterez de joie avec des armes dorées et que vous suerez à grosses gouttes avec des grises.

En plus de votre équipement, vous pouvez esquiver les attaques avec une ruée et vous aurez un ultime qui vous sortira bien d’une fois d’une situation embarrassante.

Il y a aussi des malédictions qui peuvent influencer entièrement votre partie. Elles peuvent s’obtenir après un combat de boss ou contre un « Thanager » (nous y reviendrons après) et permettent d’obtenir des bonus très intéressants. Il y a trois types de malédictions : les bleues donnent globalement des boosts de défense et certaines altérations de statut à nos armes (poison, brûlure, gel, foudre…), les vertes aident pour le mana et pour les altérations, alors que les rouges permettent d’augmenter la force de nos armes et de notre faux.

Plus nous prenons une malédiction d’une couleur, plus puissantes seront les malédictions que nous pourrons choisir par la suite. Au bout d’un certain niveau, les malédictions vous donneront aussi des malus qui peuvent devenir terriblement handicapantes par la suite. Certains malus donneront par exemple de la puissance à vos ennemis ou augmenteront les prix de la boutique.

Dans Have a Nice Death, votre personnage doit examiner chaque recoin de Death Inc. afin de mater le dilettantisme des employés. Pour ce faire, nous devons aller dans chaque « pôle » de notre entreprise et remonter les étages afin de remettre tout le monde au travail.

Chaque étage représente un niveau dans lequel nous choisissons avant d’y entrer la récompense, à la manière de Hadès. Nous avons deux à trois propositions qui nous permettront de gagner des Soularys, des Prismiums, des équipements, des sorts, des animas (le soin dans le jeu, nous vous en parlerons plus tard), ou encore d’augmenter votre maximum de mana ou de points de vie.

Il y a aussi les « Thanagers », des mini-boss à affronter qui vous donneront le droit à une malédiction, mais aussi des « étages  intrigants » dans lesquels vous aurez à accomplir des défis afin d’obtenir une récompense aléatoire mais souvent très intéressante (une arme dorée, par exemple.).

Un gameplay exigeant et addictif

L’avant-dernier étage d’une zone est réservé au magasin et au local technique. Dans le premier, vous pourrez acheter de l’équipement, des malédictions et du soin alors que le deuxième vous donne la possibilité d’améliorer vos armes. Les améliorations fonctionnent par palier et finissent par coûter cher, mais elles donnent accès à des bonus vraiment appréciables.

Il y a un boss à la fin de chaque étage. Vous pourrez ensuite aller vous reposer à l’espace détente dans lequel vous pourrez acheter du soin.

Quand vous êtes touchés par un adversaire, vous perdez de la vie. Pour l’instant, il n’y a rien de complexe. Une partie de votre vie perdue est transformée en blessure. Alors que nous pouvons soigner facilement les blessures, il est bien plus ardu de récupérer de la vie perdue.

Pour se soigner, il existe les « animas » bleus et dorés. Les animas bleus permettent de récupérer la vie sur vos blessures, les animas dorés permettent de récupérer de la vie « pure ». Vous pourrez trouver des animas dans les étages ou en acheter dans l’espace de détente. Vous pourrez aussi récupérer de la vie en buvant du « kafé » laissé de façon aléatoire par les ennemis.

C’est le principe du rogue-lite, mais chaque mort nous ramène au point de départ. Cependant vous pourrez améliorer et acheter de nouvelles armes ou bonus qui vous avantageront lors des prochaines parties. Vous gagnerez aussi des niveaux d’expérience qui vous donneront de nouveaux bonus.

Ce gameplay, comme vous aurez pu le comprendre, est assurément complet et très addictif. Le jeu coche d’ailleurs toutes les cases de ce que nous aimons dans le rogue-lite : il est très simple d’accès mais en même temps terriblement dur à maîtriser. Have a Nice Death est un jeu qui nous happe, qui nous procure un immense sentiment de joie à chaque victoire, et qui nous frustre de plaisir à chaque défaite. C’est un jeu dans lequel nos ennemis ne sont pas les monstres en face de nous mais notre capacité de concentration. La moindre petite erreur, le moindre petit excès de confiance, la moindre inattention peuvent nous tuer.

Cela faisait longtemps que nous n’avons pas eu un gameplay aussi agréable manette en main avec un bestiaire très bien conçu.

Le jeu se démarque aussi par son humour à toute épreuve, un humour parfois lourdingue et qui ne fait pas tout le temps mouche mais qui a le mérite d’être entier. Nous allons devoir faire face à des boss qui sont tous aussi ridicules les uns que les autres, entre Brad qui passe son temps sur les réseaux sociaux ou Geoges Güdron qui a tendance à faire sauter trop de centrales nucléaires et donc de surcharger le service des morts.

Avec une superbe direction artistique et énormément d’humour

Cet humour est une de ses forces… mais aussi un de ses défauts. En se concentrant à faire rire en permanence, l’histoire devient totalement anecdotique et même si certaines situations ubuesques sont tordantes, comme la grève des employés et leurs demandes absurdes, la plupart du temps, toutes les interactions nous laissent finalement de marbre, bourrés d’informations qui ne captivent pas le joueur. Le « lore » est assez pauvre et là où un Hadès montrait la voie par un travail exceptionnel d’écriture, Have a Nice Death, qui essaie pourtant d’emprunter le chemin de son illustre ainé, est assez pauvre. Vous vous amuserez quand même en lisant les dialogues du jeu, surtout si vous êtes adeptes de l’humour noir.

Mention spéciale pour le personnage de la stagiaire que nous avons adoré, avec son côté innocente mais en même temps machiavélique.

Le jeu pêche aussi par sa difficulté qui va en rebuter plus d’un. Bien que les ennemis sont variés, il existe un réel décalage entre les combats de boss, qui se gagnent parfois avec de la chance, même en connaissant par cœur le pattern, et les autres étages qui sont plutôt simples. Le jeu est réservé aux personnes qui aiment les jeux exigeants, nerveux, dans lequel la défaite est omniprésente.

C’est inhérent au rogue-lite, mais Have a Nice Death est répétitif. Le level-design intéressant mais pas assez poussé donnera l’impression de refaire ad vitam aeternam les mêmes niveaux. L’aléatoire possède une part parfois trop importante dans le jeu, et les différences entre les armes dorées et grises se font trop sentir.

Les graphismes, même s’ils sont moins beaux que sur les autres consoles, restent magnifiques. La direction artistique est une vraie réussite et la Mort n’a jamais été aussi agréable à regarder. La bande-son est aussi au top et les petites musiques d’attente sont vraiment amusantes à écouter.

La durée de vie est très intéressante et promet des dizaines d’heure à tous les fans de rogue-lite, pour un prix qui vaut très largement la qualité du jeu.

Un portage moyen qui connaît des ralentissements et des bugs

Cependant, le portage du jeu est malheureusement assez moyen sur la Nintendo Switch, et c’est l’un de nos plus grands regrets. Le jeu possède entre chaque étage des temps d’attente d’une dizaine à une vingtaine de secondes (en docké) et il y a de gros ralentissements à chaque sortie d’ascenseur qui peuvent être rédhibitoires pour énormément de joueurs.

L’action en elle-même est toujours agréable même si nous avons eu quelques ralentissements lors de certains combats de boss qui nous ont frustrés plus d’une fois. Nous avons eu aussi des bugs qui, dans un jeu aussi exigeant que Have a Nice Death, peuvent gâcher totalement l’expérience. Malgré l’aspect portable de la console, nous vous conseillons de prendre le jeu sur une autre console. C’est étonnant que Have a Nice Death a de si importants ralentissements alors que d’autres jeux comme Hades ou The Binding of Isaac proposent une action fluide malgré une quantité de monstres impressionnante à l’écran. Espérons qu’un patch vienne corriger ces problèmes.

Pour un jeu français, nous avons remarqué plusieurs fautes qui n’empêchent pas la compréhension, mais il nous est toujours désagréable de lire des coquilles ou des erreurs grammaticales dans un jeu avec autant de dialogues à lire.

Conclusion

8.2
/10

Have a Nice Death est un excellent rogue-lite d’action en 2D porté par un gameplay exigeant mais vraiment complet. Le jeu est vraiment addictif, agréable à jouer et se démarque par un humour à toute épreuve. La direction artistique, même sur la Nintendo Switch, est vraiment exceptionnelle. Cependant, malgré ses immenses qualités, il est impossible de faire abstraction à la difficulté absurdement élevée des combats de boss alors que le reste du jeu est plutôt simple. Have a Nice Death possède aussi une répétitivité qui est inhérente au rogue-lite et son portage sur la Nintendo Switch est décevant. Le jeu connaît d’importants ralentissements à chaque début d’étage et parfois pendant les combats de boss. Espérons que ces soucis techniques soient réglés lors de prochains patchs.

LES PLUS

  • Un rogue-lite addictif
  • Un gameplay vraiment complet et bien pensé
  • Simple d’accès mais si dur à maîtriser
  • Une direction artistique presque parfaite
  • Un jeu exigeant pour ceux qui aiment la difficulté
  • Les combos et toutes les différentes façons de jouer
  • Les améliorations des armes
  • Le système des animas, aussi frustrants qu’intéressants
  • L’humour omniprésent qui n’a pas peur de l’excès
  • Quelques situations très amusantes
  • Des boss aux patterns travaillés
  • La durée de vie colossale
  • Les malédictions
  • La stagiaire

LES MOINS

  • Une répétitivité inhérente au genre
  • L’histoire principale passe au second plan
  • Quelques fautes d’orthographe pour un jeu français…
  • Un humour parfois lourdingue
  • Une difficulté mal dosée entre les boss et le reste du jeu
  • Une difficulté qui peut rebuter
  • Un level-design intéressant mais pas assez poussé
  • Le côté aléatoire qui peut frustrer
  • Un portage moyen qui connaît des ralentissements et des bugs

Détail de la note

  • Gameplay
    0

  • Durée de vie / Prix
    0

  • Graphismes
    0

  • Bande-son
    0

  • Portage
    0

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